Hôtel du Département de Créteil

Publié le par Mme Roycourt


Rencontre très intéressante et riche en anecdotes ce matin avec quelques résistants de la 2ème Guerre Mondiale.

Témoignage de Stéphane Hessel :

Il est né allemand et est devenu français à 20 ans. Il connaît donc bien la politique d'Hitler pour l'avoir vu mise en oeuvre en Allemagne dans les années 30. Il a fait l'école normale supérieure. Mobilisé en 1939 pour aller commander une section française en Sarre (sous-lieutenant) où il connaît la débâcle militaire. Il est arrêté et emprisonné dans un camp pour les officiers le 19 juin 1940. Un ami lui raconte l'appel d' "un général français depuis Londres. Comment s'appelle-t-il ? De Gaulle. Drôle de nom !" Dès le 20 juin, il s'évade de ce camp, "mal gardé" et revient en France à Toulouse où il retrouve son beau-père. Il est très choqué par l'armistice et la politique de Pétain. Il décide de passer dans la résistance. Il a mis sept mois à rejoindre De Gaulle en Angleterre : de Marseille, il a gagné Casablanca (Maroc), puis Lisbonne (Portugal) pour arriver à Londres en mars 1941. Le mois suivant, il signe dans les FFL (Forces Françaises Libres) où il est aviateur. Très antimilitariste, il est pourtant enthousiasmé lors de sa rencontre avec De Gaulle. Il travaille au BCRA puis part en mission en France, mais trois mois plus tard il est arrêté par la Gestapo. Il est déporté au camp de Buchenwald où il reste jusqu'à la fin de la guerre.


Témoignage de Jean-Louis Crémieux-Brilhac :

Etudiant en 1939. En juin 1940, il commande une section de bretons. Il connaît lui aussi la débâcle militaire et recule jusqu'à la Marne où il est arrêté par les Allemands le 11 juin 1940. Il entame alors une longue marche avec les prisonniers vers la Belgique (100 km). Le 16 juin, il apprend que le Royaume-Uni a proposé à la France une union des deux pays dans la guerre. Il est optimiste. Mais dès le lendemain Pétain appelle à l'armistice. C'est la déception ! Il est retenu prisonnier dans un camp d'officiers en Poméranie (Allemagne). Début juillet il apprend par les Allemands qui gardent le camp qu'un général français à rejoint l'Angleterre et appelle à résister. Certains autres prisonniers croient pourtant que le résistant est Pétain, qu'il faut rejoindre la France et que la guerre va bientôt s'achever (idée fausse). Mais les Anglais tiennent bon. Le 1er octobre il est transféré dans un camp de simple soldat mais échappe au travail forcé en Prusse orientale. Le 1er janvier 1941 il s'évade vers l'est (il est alors à 425 km de la frontière avec l'URSS). Mais, une fois en Lituanie (appartenant à URSS), il est arrêté par les Soviétiques pour franchissement illégal de la frontière (le pacte germano-soviétique est toujours valable). Il est envoyé en prison puis dans un camp. Il ne perd jamais espoir et espère la défaite allemande. Finalement, il est remis aux Canadiens en mer Blanche qui le débarque en Angleterre le 9 sept. 1941. Il découvre vraiment qui est de Gaulle. A la mi-42, il travaille au Commissariat Interieur pour diriger l'action politique de la France Libre et la propagande pour la France. Il est volontaire pour être parachuté mais ne le sera jamais. C'est son grand regret !



Témoignage de Raymond Aubrac :

Le 18 juin 1940, il faisait la guerre dans les Vosges. Il est chargé de faire sauter les ponts pour retarder l'avancée des Allemands. Mais le 21 juin il est fait prisonnier et déporté dans un camp à Sarrebourg (France) où il est condamné à mort, mais sa femme Lucie le libère. Il n'a pas entendu l'appel du général de Gaulle. Il en entendra parler un peu plus tard sans pouvoir lire le texte. Il rejoint alors Lyon. Les premières mesures de Pétain le choque, comme beaucoup de jeunes de l'époque : suppression de la république et de toutes les assemblées élues, lois d'exception... En réaction au régime de Vichy, les 1er actes de résistance se font jour : graffitis, tracts ... Au début de l'automne 1940, le texte du discours du général lui arrive. Il a alors formé un petit groupe de résistants appelé "Libération". Il y a d'abord de la méfiance vis-à-vis de De Gaulle, car les résistants pensent que ce sont à cause des généraux et de l'Etat-major que la France a été envahie par les nazis. Mais rapidement De Gaulle s'impose en chef de la résistance. En 1943, création du CNR (Conseil Nationale de la Résistance) et unification du mouvement en France sous Jean Moulin envoyé par De Gaulle. Les actions se diversifient : diffusion de journaux clandestins, sabotages...

Publié dans La 2ème GM

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