Séisme à Haïti le 12 janvier 2010

Publié le par Mme Roycourt


Haïti est un pays des Grandes Antilles occupant le tiers occidental de l'île d'Hispaniola. Sa capitale est Port-au-Prince. Haïti compte 8,5 millions d'habitants. Haïti se trouve dans une zone sismique, entre deux plaques tectoniques : la plaque nord-américaine au nord et la plaque caraïbe au sud, rendant le pays particulièrement vulnérable aux tremblements de terre.

 

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Haïti et son histoire :

 

Les peuples de culture Arawak, Caraïbes et Taïnos, occupaient l'île avant l'arrivée des Espagnols (Christophe Colomb le 5 décembre 1492 qui nomma l’île Hispaniola). Les Espagnols exploitèrent l'île pour son or. Les Amérindiens refusant de travailler dans les mines furent massacrés et réduits en esclavage. Les maladies arrivées avec les Européens, et les mauvais traitements firent des ravages. Les Espagnols furent alors amenés à faire venir d'Afrique des esclaves noirs déportés.

La partie ouest d’Hispaniola (aujourd’hui appelée Saint Domingue) dépourvue de minerai fut vite négligée par les colons espagnols qui la laissèrent vide. Des Français s'y installèrent. L’île se spécialisa dans la culture du tabac, puis dans celle de l’indigo et de la canne à sucre. Vers 1790, Saint-Domingue était devenue la colonie française la plus riche de toute l'Amérique grâce aux profits immenses de l'industrie sucrière et de celle de l'indigo générés par le travail des esclaves. Des dizaines de milliers d'Africains (400 000) avaient été amenés comme esclaves pour faire fonctionner ces industries.

La Révolution française entraîna de graves bouleversements sociaux à Saint-Domingue. La révolte des esclaves aboutit en 1793 à l'abolition de l'esclavage. Haïti se proclama indépendante le 1er janvier 1804. Le nom de Haïti fut donné au pays. Haïti est le premier pays au monde issu de l'abolition de l'esclavage. Après de longues négociations avec le roi de France Charles X (jusqu’en 1824), l'indépendance du pays est reconnue officiellement par la France contre une indemnité de 150 millions de francs-or (la somme sera ramenée en 1838 à 90 millions de francs), ce qui est l´origine de l´endettement et du déboisement du pays.

 

Le séisme du 12 janvier :

 

Il est 16h53 (heure locale) le 12 janvier lorsqu’un puissant séisme de magnitude 7,3 sur l’échelle de Richter frappe Haïti à 17 kilomètres de la capitale Port-au-Prince. Aucun bilan précis n’est disponible pour l’instant  (peut-être 75 000 morts et 250 000 blessés) mais les témoins sur place parlent de nombreuses victimes. Deux fortes répliques ont également été enregistrées quelques minutes après le premier séisme, d’une magnitude de 5,9 puis 5,5 sur l’échelle de Richter.  Puis le 20 janvier se produit une violente deuxième secousse de 6,1 sur l'échelle de Richter.

 

Carte de l'épicentre de la 1ère secousse

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Les Nations unies estiment que trois millions de personnes ont été touchées par le tremblement de terre et que 300 000 sont sans abri.

 

L'aide s'organise. Six jours après le séisme, l'aide commence à s'organiser, avec 105 000 rations d'aide alimentaire distribuées et la sélection d'un premier site pouvant accueillir 100 000 sans-abri. L'Union européenne a promis lundi près d'un demi-milliard d'euros à court et à long terme. La France, elle, dit avoir débloqué 20 millions d'euros pour l'aide d'urgence, dont la moitié versée aux Nations unies (voir l'infographie "L'aide internationale en chiffres"). Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a demandé lundi au Conseil de sécurité l'envoi de 3 500 hommes supplémentaires afin de renforcer la Mission de l'ONU en Haïti, qui dispose déjà de quelque 11 000 hommes. L'état-major américain s'est fixé comme objectif de déployer 10 000 soldats dans les zones affectées.

 

Une sécurité précaire. Les soldats américains assisteront la force de maintien de la paix dans des opérations de maintien de l'ordre. Au cours du week-end, des pillards ont fait leur apparition dans les rues, s'emparant dans les magasins éventrés de tout ce qu'ils peuvent y trouver. Des affrontements ont éclaté entre la police et des groupes d'hommes armés de couteaux, de haches ou de pierres.

 

Difficultés logistiques. Les efforts internationaux sont entravés par des difficultés logistiques : l'aéroport est engorgé, le port a été détruit et les routes sont souvent coupées par les décombres. Le manque de carburant est "de plus en plus critique" et menace de provoquer une interruption des télécommunications mobiles.

 

L'urgence est désormais d'éviter une énorme catastrophe sanitaire : sans accès à l'eau potable, à des sanitaires, les risques d'épidémie augmentent. Un porte-avions nucléaire américain compte rapidement faire profiter les sinistrés de l'une des ressources dont ils manquent le plus : l'eau potable, produite en grande quantité à bord. (Lire aussi "Le manque d'accès à l'eau augmente les risques sanitaires").

 

Le bilan s'alourdit. 70 000 cadavres ont été enterrés à ce jour dans des fosses communes. Les forces américaines estiment que le nombre de morts pourrait atteindre 200 000, ce qui s'approcherait du bilan du tsunami de 2004 dans l'océan Indien (220 000 morts). La secousse a fait, en outre, au moins 250 000 blessés. "C'est comme si une bombe atomique avait explosé", a estimé l'ambassadeur des Etats-Unis en Haïti.

 

Forte mobilisation des Français. Quinze millions d'euros ont déjà été reçus, principalement via Internet, par la dizaine de grandes organisations humanitaires basées en France.

 

 

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